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Le vampire en France des origines à nos jours de Jacques Sirgent

 

Il n'a jamais été reproché aux vampires d'avoir même osé penser se nourrir de chair morte. Mais à l'aube du XIe siècle, le chroniqueur Raoul Glaber, moine clunisien, décrit avec une précision quasi chirurgicale les désordres spirituels et temporels qui assaillent la France à un moment crucial de son histoire. Entre 987 et 1059 il y eut quarante huit ans de disettes, de famine et autres épidémies. Les habitants se livraient à l'anthropophagie, mangeaient leurs parents et même leurs enfants. On déterrait les cadavres pour se repaître de chair pourrie. Dans les auberges on servait de la viande fraîche de voyageurs occis ! On était obligé de se contenter de peu. Alors il n'est pas très étrange que la croyance aux vampires soit apparue en même temps. Le prédateur nocturne n'est pas même un concurrent puisqu'il ne ne se nourrit pas de viande mais uniquement de sang et qu'il ne peut se fournir auprès de cadavres, puisqu'il est difficile voire impossible de boire du sang coagulé .