31 mars 2011

Le Chevalier Ténèbre de Paul Féval

Le Chevalier Ténèbre de Paul Féval

 

Mené à vive allure avec tous les rebondissements propres au feuilleton et portant à la fois l’empreinte des romans noirs et des romans d’intrigues, Le Chevalier Ténèbre conte les aventures de deux êtres énigmatiques, les frères Ténèbre, séducteurs et voleurs, qui, partis de leur Hongrie natale, traversent toute l’Europe, usant de mille et un travestissements et de masques de toute sorte, pour se livrer à leurs méfaits et ruiner des familles entières.

 

Traité sur le mode ironique, le thème du vampire trouve sans doute ici une de ses illustrations les plus singulières En effet, tout en usant avec habileté des procédés du roman fantastique, Féval s’amuse constamment à en désamorcer les effets. Malgré le malaise entretenu chez son lecteur par la permanence d’un réel climat inquiétant, le recours systématique à l’humour bouffon et la succession de situations toutes plus extravagantes les unes que les autres concourent davantage à amuser qu’à effrayer.

 

Dans la masse des écrits en circulation au XIXe siècle, le mot vampire et le thème qui s’y rattache ont connu une carrière particulièrement brillante.

Croyance populaire, superstition encore au XVIIIe siècle, le vampire est devenu objet littéraire au XIXe siècle. Chaque auteur semble avoir tenu à apporter sa contribution, Nodier, Hoffmann, Gogol, Gautier, Dumas, Poe, Baudelaire, Tourgueniev, Lautréamont, Mérimé, Le Fanu, et bien d’autres avant le Dracula de Bram Stoker (1897). La place de Paul Féval dans cette littérature du vampire est intéressante à observer car il traite ce sujet en adoptant diverses positions. Trois textes, publiés de 1856 à 1875, proposent une reprise sérieuse du thème (La Vampire), sa parodie (Le Chevalier Ténèbre) et un pastiche des romans noirs anglais (La Ville-Vampire).


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La vampire de Paul Féval

La vampire de Paul Féval

 

La vampire existait, voilà le point de départ et la chose certaine : que ce fût t un monstre fantastique comme certains le croyaient fermement, ou une audacieuse bande de malfaiteurs réunis sous cette raison sociale, comme les gens plus éclairés le pensaient, la vampire existait.
Depuis un mois il était bruit de plusieurs disparitions. Les victimes semblaient choisies avec soin parmi cette population flottante et riche qu'un intervalle de paix amenait à Paris. On parlait d'une vingtaine d'étrangers pour le moins, tous jeunes, tous ayant marqué leur passage à paris par de grandes dépenses, et qui s'étaient éclipsés soudain sans laisser de traces. Y en avait-il vingt en effet ? La police niait.
La police eût affirmé volontiers que ces rumeurs n'avaient pas l'ombre de fondement et qu'elles étaient l'œuvre d'une opposition qui devenait de jour en jour plus hardie. Mais l'opinion populaire s'affermit d'autant mieux que les dénégations de la police sont plus précises. Dans les faubourgs, ce n'était pas de vingt. victimes que l'on parlait, on comptait les victimes par centaines. "

 

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