16 septembre 2012

La mauvaise femme de Marc Pastor

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Dans la Barcelone des pauvres, des enfants disparaissent : des fils et filles de prostituées qui n'osent pas dénoncer ces crimes à la police. La rumeur populaire enfle jusqu'au jour où l'inspecteur de police Moisès Corvo commence à s'intéresser à l'affaire. Buveur d'anisette invétéré, client assidu de prostituées, policier flegmatique, Corvo sait combien la vie de ces enfants mal nourris et décimés par les épidémies compte peu, mais il ne supporte pas le mépris de ses supérieurs pour ces "meurtres sans importance". Ses investigations le conduisent tour à tour dans des bistrots, des petits théâtres, des maisons misérables, chez un médecin autrichien un peu fêlé (qui déterre des cadavres pour trouver le souffle vital), à la Villa du Maure (une luxueuse maison close), et au Casino de l'Arrabassada, où les notables de la ville semblent se livrer à de bien étranges pratiques. Le narrateur de La Mauvaise Femme n'est autre que la mort, ici grimée en homme, si souvent appelée sur ce territoire qu'elle s'y sent chez elle. Pourtant même elle finit par avoir pitié de ces petits enfants martyrisés et décide de prêter discrètement main-forte à Corvo, lequel se fourvoie en s'obstinant à chercher un monstrueux prédateur.

 

Basé sur un fait réel qui a secoué Barcelone dans les premières années du XXe siècle, et dont la protagoniste fut tristement surnommée "la vampire de la rue Ponent", Marc Pastor signe un étonnant roman picaresque où il recrée, tout en gardant une distance ironique, l'atmosphère des romans populaires d'épouvante du début du siècle dernier.

 

 

Posté par Lady Nini à 06:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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